If music and sweet poetry agree

Dorothée Lorthiois, Soprano

Brice Sailly, Clavecin

If music and sweet poetry agree est le vers par lequel Richard Barnfield ouvre son sonnet dédié à l'art incomparable de John Dowland. Cette hypothèse reflète aussi l'esprit de notre récital qui se veut un moment pendant lequel la musique et la poésie de la période Elisabéthaine s'entremêlent. Nous vous invitons ainsi à un voyage au cœur même de l'âge d'or anglais, dans un monde où cohabitent le raffinement de la création  poétique et musicale dans la simplicité de son expression.

John Dowland (1563-1626) est le musicien emblématique de cette période. C'est tout naturellement que nous avons choisi d'en faire la figure centrale de notre concert. Sa musique explore la diversité des sentiments humains : de la profonde mélancolie aux traits d'humour les plus brillants. Musicien-poète, il nous offre le tableau des mouvements de l'âme humaine sous la forme d'une œuvre qui sonne avec la plus grande justesse aux oreilles contemporaines.

En résonnance avec la musique, des poèmes, des anecdotes, des lettres, qui nous aident à mieux comprendre cette période. La simplicité d'une voix, la délicatesse d'un virginal, la lumière fébrile des bougies nous permettent de créer une atmosphère intime et chaleureuse pour vivre, l'espace d'un instant, une soirée Élisabéthaine.

"If music and sweet poetry agree,
As they must needs, the sister and the brother,
Then must the love be great 'twixt thee and me,
Because thou lov'st the one, and I the other.
Dowland to thee is dear, whose heavenly touch
Upon the lute doth ravish human sense;
Spenser to me, whose deep conceit is such
As, passing all conceit, needs no defence.
Thou lov'st to hear the sweet melodious sound
That Phœbus' lute, the queen of music makes;
And I in deep delight am chiefly drown'd
Whenas himself to singing he betakes.
    One god is god of both, as poets feign;
    One knight loves both, and both in thee remain."

                       Richard Barnfield (1574–1627)